J’ai fait un rêve pour Haïti…

Posté par Jérôme Larché le 10 décembre 2010

Par Kuria Muturia

sur le site Grotius.fr

«Les hommes sont responsables de leurs malheurs. Il n’y a pas de catastrophe naturelle chez nous, dans les pays pauvres. Les victimes du séisme en Haïti ne sont pas des morts naturelles. Les victimes du choléra n’ont plus» écrit Joseph Kuria Mutura. Jospeh est un étudiant kenyan. Il vit et travaille à Korogocho, l’un des plus grands bidonvilles du Kenya. De là-bas, Kuria Mutura a écrit aux Haïtiens…

Combien de morts ? Je veux dire quand les médias internationaux feront une addition macabre : le séisme + le choléra = ?… Nul ne le sait aujourd’hui. Les chercheurs sérieux ou les humanitaires habitués à de tels «terrains» pensent que le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint et rappellent l’exemple du Zimbabwe, plus de 4000 décès. Le tremblement de terre est arrivé à un moment où le pays n’avait pas encore eu le temps de se remettre des violents ouragans qui en 2008 avaient fait un millier de morts et détruit les habitations d’un million de personnes.

En dépit des apparences, les événements qui ont marqué l’histoire de Haïti depuis sa découverte par Christophe Colomb – remontons aussi loin, n’entrent pas tous dans la catégorie des catastrophes naturelles. Permettez-moi, depuis la «banlieue» de Nairobi ce rappel : Haïti a été le théâtre de plusieurs révolutions et coups d’Etat qui ont paralysé le développement économique du pays et l’ont relégué au rang des pays les plus pauvres de la planète.

A la lecture des sources historiques, le contraste est frappant… Au 16ème siècle, Haïti était une île dont les richesses représentaient plus d’un quart de l’économie française. Au 17ème siècle, les esclaves vainquirent les Français et firent de l’île la première nation qui abolit la traite et l’esclavage. Les Etats-Unis ne tardèrent pas envahir l’île et une nouvelle page de l’histoire débuta.

Ce qui avait commencé en triomphe se termina en malédiction et aujourd’hui Haïti vit les séquelles de décennies de la mauvaise gestion de régimes corrompus. Les systèmes d’éducation et de santé publique sont dégradés et ne suffisent pas à répondre aux besoins d’une population croissante qui de surcroît vit dans des conditions d’insalubrité et de pollution environnementale indescriptibles.

A la lumière de ma propre expérience dans le bidonville de Korogocho, il me paraît évident que dans une telle situation le désespoir prend le dessus et que l’instinct de survie fait oublier tout scrupule. Aujourd’hui je peux lire l’accablement sur les visages des Haïtiens qui ont vu leur nation s’enfoncer dans la destruction en dépit de l’aide internationale. Venir à bout de l’épidémie de choléra est un défi quasi insurmontable parce que les populations à risque vivent dans des camps de toile, que les services sanitaires sont déficients, que l’accès à l’eau potable est très difficile.

Ces préoccupations m’obsèdent mais en même temps je repense à l’hymne national haïtien qui proclame que «Pour le drapeau, pour la patrie mourir est beau ! Notre passé nous crie: Ayez l’âme aguerrie! Mourir est beau pour le drapeau, pour la patrie.» J’approuve la déclaration de l’ex-président américain Clinton pour qui «cette catastrophe est l’occasion de corriger les fautes du passé» et je ne suis pas loin de penser qu’à travers le monde nombreux sont ceux qui sont d’accord avec cet engagement affiché. Cette situation, aussi douloureuse soit-elle, fournit l’occasion à la patrie des esclaves émancipés de prouver au monde que les crises vécues par Haïti ne sont pas le signe d’une malédiction irréversible et que la communauté internationale tout entière se doit de faire le maximum pour reconstruire la démocratie dans ce pays.

Le moment est propice pour que les Haïtiens et les Haïtiennes prennent leur destin en main et avec l’aide de Dieu reconstruisent les infrastructures médicales qui permettront de faire baisser le taux de mortalité infantile en s’assurant que tous les enfants aient accès aux vaccinations et aux soins. Il s’agit de mettre en place un système de sécurité sociale et un réseau national d’infrastructures médicales qui couvre l’ensemble du territoire national et non pas seulement la capitale. Les politiciens seront-ils à la hauteur de ces ambitions ? On peut en douter, malheureusement.

Seule l’éducation permettra que la génération montante adopte les valeurs d’intégrité et de redevabilité qui leur permettront de changer le mode de gestion du pays à l’avenir et ceci dépend en dans une large mesure de l’aide que la communauté internationale accordera à la reconstruction des écoles et des infrastructures éducatives. Il ne faut pas se voiler la face. Le Sénégal, lui, s’est engagé à accueillir 163 étudiants haïtiens pour la durée de leurs études et on ne peut qu’espérer que cette promesse sera tenue jusqu’au bout.

Les pays développés devraient en faire autant en établissant des filières de leurs établissements scolaires et universitaires dans toutes les régions d’Haïti, ce qui de mon point de vue vaut mieux que d’inviter les étudiants haïtiens à se rendre à l’étranger et à quitter – peut-être définitivement, leur pays.

Je crois pouvoir dire à nos frères haïtiens que c’est maintenant le moment qu’ils ont si longtemps attendu. Comme le Pape lui-même l’a dit (permettez à un croyant cette référence) : «Il faut que les choses changent» et seuls les Haïtiens pourront effacer ce que beaucoup estiment être une malédiction. J’ai rêvé une autre Haïti…

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Les sénateurs annulent les restrictions sur l’AME votées par les députés

Posté par Jérôme Larché le 5 décembre 2010

        Malgrè les tentatives du gouvernement de justifier, sur la base de dérives « potentielles », les amendements votées par les députés sur la restriction de l’accès à l’Aide Médicale d’Etat dont bénéficient les personnes en situation irrégulière – en imposant notamment une contribution forfaitaire 30 euros systématique pour les adultes -, les sénateurs ont annulé ces amendements.

Ils ont, pour cela, largement repris les arguments avancés par les organisations humanitaires, et notamment celles de Médecins du Monde, qui se battent depuis des semaines sur ce dossier. Un article du journal Le Monde, paru ce jour, fait le point sur la situation.

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WikiLeaks, le Napster du journalisme

Posté par Jérôme Larché le 5 décembre 2010

WikiLeaks est-il vraiment transparent? Fallait-il publier les mémos diplomatiques? Nous apprennent-ils quelque chose? Le processus est-il réversible? Assiste-t-on à une évolution structurelle de la société? OWNI essaie de répondre à ces interrogations.

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Haïti: le Bien et le Mal… par Lyonel Trouillot

Posté par Jérôme Larché le 20 octobre 2010

LES BONS TEXTES DE GROTIUS

 J’aimerais partager avec vous ce texte de Lionel Trouyot, écrivain haïtien, qui vient nous interpeller à propos. Les thémes de « partenariat », de « désoccidentalisation de l’humanitaire », que nous essayons d’aborder sous un angle à la fois politique et opérationnel à Médecins du Monde, trouvent ici une résonnance (mais aussi « raisonnance ») particulière.
 
Vous pourrez le lire directement à http://www.grotius.fr/haiti-le-bien-et-le-mal%e2%80%a6/ (sinon, il est en fichier joint), sur le site www.grotius.fr

Jérôme

Haïti: le Bien et le Mal... par Lyonel Trouillot dans Articles des invites pdf lyoneltrouillot1.pdf

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Atiq Rahimi: un poète afghan qui écris…et agis

Posté par Jérôme Larché le 1 mai 2010

Atiq Rahimi est un homme qui n’a peut-être pas choisi d’être éclectique, mais les choix de la vie en ont décidé ainsi.

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Sur Wikipedia, on apprend ainsi ainsi qu’ « il est né le 26 février 1962 à Kaboul. Il vit la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1984, puis il se réfugie au Pakistan. Après avoir demandé l’asile politique à la France, il obtient son doctorat en audiovisuel à la Sorbonne. Pendant ce temps, son frère, communiste, resté en Afghanistan, est assassiné en 1989, mais Atiq Rahimi n’app rend sa mort qu’un an plus tard. Son premier long-métrage Terre et cendres, présenté dans la section Un Certain Regard a u festival de Cannes 2004, a obtenu le Prix du Regard vers l’Avenir. Contrairement à ses trois premiers romans écrits en persan, Syngué sabour. Pierre de patience est directement écrit en français : « Il me fallait une autre langue que la mienne pour parler des tabous ». Il obtient le prix Goncourt le 10 novembre 2008. »

Syngué Sabour, Pierre de patience est l’histoire d’une afghane qui vient de perdre son mari, combattant d’Allah. Tout en veilant son mari, elle laisse surgir du fond d’elle même des mots de rage et de désirs, contenus toute une vie par les traditions et les circonstances. Ses cris et ses prières traduisent tout cela à la fois. Elle le dit aussi avec des mots qu’elle n’avait jamais osé prononcer, des mots chargés de désirs et de plaisirs interdits. En persan, syngué sabour signifie pierre de patience, et il parait qu’existait autrefois une pierre à qui l’on pouvait tout confier, jusqu’à ce qu’elle éclate. « . ..Et ce jour là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines. »

 Des exilés afghans

Au delà de ces écrits, Ariq Rahimi a su mobiliser la communauté afghane de Paris, et au delà, sur la problématique des sans-papiers afghans à Paris. Dans le cadre du Collectif Afgans Paris, il a ainsi publié une lettre ouverte en janvier 2010, et a demandé en compagnie d’autres associations comme les Enfants de Don Quichotte et Médecins du Monde, « un toit pour les exilés du Xème ».

 

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Les vertus cachés des bidonvilles

Posté par Jérôme Larché le 29 avril 2010

A lire ce mois dans l’excellente revue Books (n°13), un article sur les « vertus cachés des bidonvilles », dont je vous livre quelques extraits:

« On les voit comme des îlots de misère et d’insalubrité, et ils le sont. Mais les bidonvilles sont aussi bien autre chose : de véritables laboratoires urbains où s’inventent des manières de faire très économes en ressources et en énergie. Ce qui fait d’eux les meilleurs élèves d’une classe globalement vertueuse en matière d’environnement, les villes. Car, n’en déplaise aux esprits nostalgiques, à Bombay comme à New York, les citadins respectent davantage la planète que les autres.

En 1983, l’architecte Peter Calthorpe laissa tomber San Francisco, où il avait tenté sans succès d’organiser des communautés de quartier, pour emménager sur un bateau à Sausalito, sur la baie de San Francisco. Il échoua sur le South 40 Dock, où j’habite aussi, segment d’un ensemble de quatre cents maisons flottantes qui possède la plus forte concentration de logements de toute la Californie. Sans aucun effort, il s’était créé là une communauté animée et fière d’elle-même, où nul ne verrouillait sa porte.

Cherchant à identifier ce qui, dans sa conception, la faisait ainsi fonctionner, Calthorpe s’avisa que c’était le dock lui-même, et la densité de population. Tous les habitants passaient à pied chaque jour devant les bateaux des uns et des autres, au gré de leurs allées et venues entre le ponton et le parking. Tous connaissaient les visages, les voix et les chats de leurs voisins. C’était une communauté, jugea Calthorpe, parce qu’on pouvait y marcher. Fort de cette intuition initiale, il devint l’un des fondateurs du new urbanism, avec Andrés Duany, Elizabeth Plater-Zyberk et d’autres. En 1985, il imagina le concept de « potentiel piétonnier » dans « Redéfinir les villes », un article publié par la « Whole Earth Review », un magazine alternatif américain traitant des questions de technologie, de vie collective et d’environnement. Depuis, le « nouvel urbanisme » est devenu le courant dominant en matière de planification urbaine, préconisant forte densité, mixité d’usage (logements et bureaux), possibilité de marcher et développement des transports en commun. Il a ainsi tiré l’une de ses principales idées du quartier de maisons flottantes de Sausalito… »

Une façon aussi de positiver et de saisir les opportunités de la vie, même quand elle est difficile…

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Comment fonctionnent les systèmes de santé dans le monde

Posté par Jérôme Larché le 19 avril 2010

Je vous recommande l’excellent article « Comment fonctionnent les systèmes de santé dans le monde » de Martine Bulard, paru dans le Monde Diplomatique de Février 2010. Outre le fait d’analyser globalement l’évolution des systémes de santé sur les cinq continents, il met en lumière la persistance et l’agravation des inégalités en terme d’accès aux soins, mêmme au sein des pays développés. Sans approche dogmatique, il confirme que la facture globale des dépenses de santé se révèle souvent moins lourde quand les protections sont collectives et que la part privée est la plus faible (comme au Japon ou en Suède). La privatisation progressive de la protection sociale en France, soutenue (comme c’est le cas aussi outre-Atlantique) par les lobbies de compagnies d’assurances, est donc un contre-sens économique, social, et maintenant historique depuis que le Président Obama a entrepris sa vaste réforme du systéme de santé aux Etats-Unis. Un article très bien documenté et qui doit inciter chacun d’entre nous à une réflexion de fond sur la société qu’il désire.

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